Conseil d’un pro : stocker/archiver ses images

Gardez vos images en mémoire.

Les ordinateurs, tablettes ou smartphones ont leurs mémoires remplies de photos. Les effacer, involontairement, est souvent le seul acte de classement. Alors voici quelques repères pour vous permettre de conserver et trier efficacement vos œuvres.

Avant : il y avait l’argentique. On conservait ses images dans des lieux protégés, et on les rangeait dans des classeurs. Tout paraissait simple, même s’il fallait faire attention à l’hygrométrie, aux UV, ou au pH neutre des classeurs.

Mais ça, c’était avant.

Aujourd’hui, on a des fichiers numériques nombreux et lourds ; et leur pérennité n’est plus garantie par la préservation du support. Alors il faut inventer de nouvelles façons de garder la mémoire.

Stocker : cloud ou disque local ?

L’utilisation d’un disque local est simple et autonome, mais pas sure : s’il y a un accident, les données sont perdues. En revanche, l’accès aux données est rapide puisque local. Les disques peuvent être très rapides mais chers, grâce à la technologie SSD ; ou bien bon marché mais plus lents avec la technologie traditionnelle. A noter la technologie hybride de Seagate / Samsung, nommée SSHD, et permettant une vitesse assez rapide sans être aussi onéreuse que le SSD.

Si vous préférez enregistrer vos fichiers en ligne, les services payants ou gratuits du Cloud sont désormais sûrs. Une copie peut être synchronisée sur son ordinateur, permettant un accès à ses données sans être connecté. Seul inconvénient : la nécessité d’une connexion haut débit lors des échanges avec le serveur. Les fournisseurs de ce genre de service (Dropbox, GoogleDrive, MicrosoftOneDrive et autre ICloud) ont créé des unités de stockage monumentales, ultra sécurisées : de véritables coffres forts énergivores. Gage de sécurité et de fiabilité.

ferme_stockageMais attention, pas de confusion : nous venons d’évoquer le stockage, pas l’archivage!

Archiver c’est placer des copies de ses données dans un lieu sûr, pour pouvoir les retrouver en cas de problème. On peut aussi parler de sauvegarde. Si le stockage est assuré par un disque local, il faut choisir d’archiver sur des supports différents, pour éviter les problèmes en cas d’accident. Le Cloud peut alors être une solution. En revanche, si le stockage passe par une solution Cloud, l’archivage est déjà assuré par ce biais : les fournisseurs proposent des historiques d’enregistrement dans lesquels on peut naviguer pour restaurer des données perdues.

Si on devait se résumer :

LOCALCLOUD
STOCKAGEAvantages : Rapidité
et accessibilité.
Inconvénient : Manque
de sécurité.
Avantage : Indépendant du
système.
Inconvénient : Liaison
Internet rapide.
ARCHIVAGEAvantage : Aucun.
Inconvénient : Solution
distante impérative.
Déjà configuré.

Server room

Notre conseil : si vous disposez d’une connexion rapide (fibre), n’hésitez pas à choisir un stockage en ligne. La copie locale est mise à jour en temps masqué, et la sécurité de stockage et d’archivage est parfaitement garantie. Et si vous êtes paranoïaque, dites-vous que vos images enregistrées dans une « ferme de stockage » dans le désert de l’Arizona sont moins accessibles et mieux protégées que chez vous.

Indexer : conserver ses images, c’est bien ; les retrouver, c’est mieux :

L’étiquette numérique : la métadonnée. Tous les fichiers intègrent des espaces dans lesquels on peut écrire quasiment ce qu’on veut : la métadonnée, version moderne de la classique étiquette. Certains de ces espaces sont réservés aux informations enregistrées à la prise de vue ou lors du traitement, et d’autres sont libres d’accès pour l’utilisateur, qui pourra enregistrer une description de son image dans ces zones.

Dès lors, il faut juste disposer d’un programme qui permette d’écrire ces métadonnées comme Lightroom, Fotostation, Bridge, ou Ajaris, ou plus simplement XNview, Picasa, et bien d’autres gratuiciels téléchargeables.

Le mot clé : secret d’un classement efficace. La solution pour une indexation efficace est un choix limité de mots clefs qui décrivent l’image enregistrée. Les professionnels élaborent un « Thesaurus », c’est-à-dire un dictionnaire spécifique à leur activité, afin de ne pas employer des synonymes lors de la description d’un cliché.

Notre conseil : créez votre propre Thesaurus, pour que les photos de vélos ne soient pas associées à « Vélo », « Cycle », « Petite Reine », « Bicyclette »…

Le mouvement, c’est la vie numérique.

Dernière information : à l’inverse de l’argentique, plus une photo numérique est reproduite et dupliquée, et plus elle vivra longtemps. Seule la donnée est l’image, pas son support. Pour pérenniser un cliché numérique, il faut donc le copier autant qu’on le peut. Lorsqu’un disque dur est saturé, on en achète un nouveau, plus vaste, et on réplique toutes les photos du premier sur le second. Cela constituera une sauvegarde des premières images. Et c’est également ce mouvement perpétuel qui est assuré par les fournisseurs du Cloud, notamment en proposant une copie locale sur l’ordinateur de l’utilisateur.

Qu’allez-vous répondre à votre conjoint, dans 10 ans, à la question : où sont les photos de notre mariage ? Cela peut paraître fastidieux ou ennuyeux, mais il faut s’astreindre à respecter ces quelques conseils et règles pour pouvoir retrouver de façon certaine ses clichés.

Michel DESSEAUX